Focus mensuel | Kdanse | Chalon - KDanse 2020 à Chalon-sur-Saône (71) en Bourgogne

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Depuis le 17 mars 2020, de confinement en couvre-feu, nous avons vu nos activités dansantes mises en sommeil en raison des décisions sanitaires prises par le gouvernement.
 
Cette situation influence & incite chacun d’entre nous à tenir des comportements individuels différents, notamment en étant plus prudent à l’égard de nos relations humaines & particulièrement en danse de couple.
 
Actuellement, la reprise de la danse de couple n'est à nouveau pas autorisée, même sous certaines conditions, entravée par des formalités contraignantes pour tous.
Le monde de la musique, de la danse, du spectacle souffre & nous souffrons avec lui.
Nous sommes donc sous influence de règles sanitaires imposées qui restreignent notre vie quotidienne.
Elles enfreignent nos libertés individuelles & collectives, notre autonomie & responsabilité d’adulte tout en nous culpabilisant & nous infantilisant.
 
Beaucoup d’entre nous attendent, non sans une certaine impatience, de retrouver le bonheur, la joie, la frénésie, de fouler les parquets de danse & autres lieux dansants pour vivre leur passion.
Ils espèrent pouvoir retrouver, au plus vite, cette ambiance musicale diversifiée, la convivialité, les contacts humains plus ou moins étroits, les senteurs variées apportant pour chacun de ces éléments chaleur & réconfort.

 
Il leur est urgent de reconquérir cet univers enivrant, aux bienfaits inestimables & sans limite d’âge, empreint d’une richesse inattendue pour le moral, le physique, donc… pour la santé !

PETIT INVENTAIRE DES DIFFÉRENTES POSITIONS DU COUPLE DANSANT




Après ces quelques mois de silence dû à cette période sanitaire compliquée, nous vous proposons de nous retrouver chaque mois avec un nouveau numéro FOCUS.
Le thème abordé, ce mois d’août 2020, est issu d’une étude & analyse de Monsieur Christian DUBAR créateur de l’I.F.D.S. (Institut de Formation en Danses de Société).
Parue dans sa lettre circulaire N° 25 de septembre 2000, elle conserve, encore aujourd’hui, toute sa pertinence & son actualité.


Dans le domaine de la danse, nous citerons la position appelée : Position naturelle ou neutre, la danseuse & son partenaire, dans les bras l’un de l’autre, se trouvent face à face.

C’est une position de couple fermée.
Elle permet de danser, mais elle présente des contraintes telles que :

  • ne faut pas être trop près l’un de l’autre
  • certains contacts sont exclus comme celui du bassin
  • le guidage du fait de l’absence de contact par le bassin
  • les rotations importantes sont rendues plus difficiles.

D’autres, plus adaptées, méritent notre attention car elles nous permettent de jouer avec toutes les positions de couple au moyen de diverses combinaisons réalisables dans les danses de société.

Quelles sont donc ces positions ?


1.  La position emboîtée


Les deux partenaires de danse se font face tout en étant décalés sur la droite l’un par rapport à l’autre.
Elle permet de s’affranchir des contraintes de la position face à face, citée ci-dessus, pour réaliser nombre de figures & jeux de positions.

Combien sont-elles en partant de la position face à face ?

a)  Les positions dites principales & naturelles :
o   la position emboîtée
o   la position déboîtée
o   la position promenade
b)  Les positions secondaires & contre-naturelles :

o   la position contre-emboîtée
o   la position contre-déboîtée
o   la Position contre-promenade


2. Selon que le danseur avance ou recule, avec sa partenaire, elles en induisent d’autres


o   emboîtée avant & arrière (Le PD avance ou recule entre les pieds de l’autre)
o   déboîtée avant et arrière (Le PD avance ou recule à l’extérieur du couple & sur le côté droit de celui-ci)
o   promenade avant & arrière Promenade (Le danseur avance ou recule vers sa gauche & la danseuse vers sa droite tout en étant en position de couple)
o   contre-emboîté avant & arrière (Le PG avance ou recule entre les pieds de l’autre)
o   contre-déboîté avant & arrière (Le PG avance ou recule à l’extérieur du couple & sur le côté gauche de celui-ci)
o   contre-promenade avant & arrière (Le danseur avance ou recule vers sa droite & la danseuse vers sa gauche tout en étant en position de couple)

Dans quelles danses les retrouvons-nous ?

Pratiquement dans toutes les danses, voici quelques exemples :
  • Les positions emboîtés en Paso Doble, Tango, en Valse…
  • Les positions déboîtés en Tango, Valse, Quick step, Paso Doble…
  • Les positions promenade en Paso doble, Valse, Polka…
  • Les contre-emboîtés en Valse, …
  • Les contre-déboîtés en Paso Doble, Samba…
  • Les contre-promenades en Paso Doble, Samba…

Pour passer d’une position à une autre, il nous faut avoir conscience du nombre de pas, pair ou impair, à faire pour opérer ces changements de positions & les jeux qu’elles permettent.


3. Qu’entend-t-on par jeux de positions ?


C’est le passage d’une position à une autre, puis le retour à la position initiale.
La connaissance des différentes positions & jeux de positions du couple dansant, offre à celui-ci la possibilité de jouer avec tous les assemblages logiques de figures, de positions, & ce, quel que soit ou non leur répétition & le sens de déplacement utilisé.


4. À quoi cela nous sert-il en danse ?


Prenons un couple, parmi d’autres, évoluant sur la piste de danse au rythme de la musique.
En étant attentifs nous observons l’exécution de figures différentes souvent associées les unes aux autres, formant un ensemble plus ou moins riche de positions du couple.

La compréhension, la connaissance & l’exécution de ces jeux de position, dans l’apprentissage de la danse, amènera le couple à innover par lui-même.
Il s’emparera de la façon à circuler dans l’espace & constatera sa capacité à réaliser ces jeux.
Il trouvera son style, aimera apprendre & enfin découvrira le plaisir de danser.

Pour aller plus loin, la réalisation de ces positions et jeux de position nécessite de connaître & de s’approprier :
  • le guidage & micro-guidage,
  • les contre-corps,
  • la connexion,
  • les directions, orientations & gestion de l’espace de danse

Cet article est terminé.
Ces sujets seront donc abordés dans de prochains numéros de votre FOCUS mensuel sur KDANSE.
Au plaisir de vous retrouver…

Merci à Jean-Michel pour ses recherches & la préparation de cet article

L'ÉNIGME DE LA DANSE

LA POLKA


Amis (es) lecteurs (trices) des Focus mensuels de Kdanse
  
Par ce nouvel article dédié à la danse, en ce troisième mois de l’année, nous vous proposons de nous transporter au 19ème siècle pour faire connaissance avec une danse de couple qui, de très loin, aura l’impact le plus important sur le grand nombre de danses nouvelles apparues à cette époque.


La Polka est une danse de couple amusante issue du folk d'Europe centrale & de l'Est.
 
La Polka originelle, la bohémienne, est une danse rapide, drôle, légère, ailée, qui balance.
Elle a rendu populaire une nouvelle forme de danse : La danse de couple individuelle.
C’est une danse en couple fermée, tournante & circulante comme la Valse.
Elle apportera une réelle révolution & du renouveau à l‘univers de la danse.
 
Pour en savoir un peu plus voici un résumé pour situer son origine, son influence & ses particularités.


Son origine


Tous les historiens s’accordent à dire que sa naissance se situe vers 1830 en Bohème (Tchécoslovaquie).
 
Deux hypothèses permettent de cerner sa provenance :

  • La première, aurait pour source une légende selon laquelle une jeune paysanne tchèque aurait été surprise à danser dans un chemin de campagne par un musicien local. Ce dernier frappé par la façon insolite de sa danse aurait noté les pas et la musique.
  • La seconde, moins romantique, serait la traduction d’un pas militaire fort ancien et d’une musique provenant d’une marche militaire.  

L’étymologie du mot Polka viendrait :

  • D’une part, de la composition de ses pas, lesquels seraient issu du mot tchèque « pulka » signifiant : « demi, demi-pas ou chassé ».
  • D’autre part, d’une expression des soldats polonais pour nommer les filles polonaises.

En effet, Polka en polonais, signifie : «polonaises ».
 
Enfin, les Tchèques de Bohème auraient nommé cette danse Polka pour commémorer la révolte des polonais contre la Russie en 1831.


Son influence


La diffusion de la Polka gagnera toute l’Europe.
Tout d’abord à Prague en 1835, Vienne en 1839, Paris en 1840 au Théâtre de l’Odéon & à la Scala de Milan en 1841, Londres & New-York en 1844.
Dès lors la Polka, avec une dizaine de figures différentes, fera l’unanimité des danseurs tant dans la bourgeoisie que dans le peuple.
En 1850, toute l’Europe polkait.
 
À cette époque, Paris, centre du monde, faisait autorité dans la création & la mode en danse.
 
Ainsi, à Paris Cellarius, maître à danser d’origine hongroise, va promouvoir la Polka de façon irréversible & lui donner ses heures de gloire.

Une véritable « polkamanie » était née, entichant jeunes & vieux, mères & filles, médecins, avocats, etc…
Cet engouement dépassera le cadre de la danse attribuant le nom de Polka à des habits, des plats, des pâtisseries, des coiffes & coiffures, des chapeaux & cravates, des liqueurs & sodas, des savons & même des ponts.  
 
Elle suscitait, partout, un attrait irrésistible.
Elle se dansait sur les places, dans les rues, les magasins & même au théâtre.
Son intérêt la portera à devenir la danse nationale des français à l’époque.
 
Cela s’explique, peut-être, par sa capacité d’unir la manière de se tenir enlacé (propre à la valse) & l’énergie d’une cadence attachée à une grande vivacité des mouvements.
La gaîté de la musique n’y était pas étrangère.
La Polka a inspiré de nombreux compositeurs, interprètes allant jusqu’à lui donner une touche classique.
Johann Strauss fils s’inspira de la cadence & devint « roi de la Polka »


Ses particularités

 
Son caractère

Elle est très riche musicalement & chorégraphiquement synchronisée, conviviale, agréable à danser, particulièrement vivace dans ses pas, dynamique dans ses figures.
 
Cette nouvelle danse répondait à une autre exigence : une façon spontanée de danser & uniquement pour le plaisir.
La polka était qualifiée de danse de liberté, d’amour, de poésie.
L’adage à la mode du moment : « dis-moi comment tu « polkes » je te dirai comment tu aimes »

Son style

La polka essentiellement composée de sauts & deux pas chassés dans chaque sens, réalisés dans un déplacement du couple autour de la piste sur la ligne de danse.
Différentes variantes ont cours : polka sautée, polka glissée ou polka piquée, selon l'exécution des pas autres que le pas chassé.
 
Elle combine alors de nombreuses figures & variantes.

En 1844 elle comportait déjà une dizaine de figures distinctes :

  • la promenade,
  • la walse,
  • la walse à rebours,
  • la walse roulée ou tortillée,
  • le pas bohémien ou double polka (certainement à l’origine de la polka piquée),
  • le changement de bras,
  • le pas bohémien en changeant de bras & en walsant,
  • le moulinet d’une main,
  • le moulinet en suivant sa dame & en la faisant tourner,
  • la passe double.
  
Il y a différentes variantes de la Polka :

  • la Polka écossaise, hongroise, suédoise,
  • la vieille Polka de salon,
  • les Polkas populaires et régionales…
 
La Polka a donné naissance, également, à de nombreuses autres danses telles que :

  • la Polka à trois avec changement de partenaire (deux filles & un garçon)
  • la Coquette, combinaison de galop & de polka introduit le triple le pas chassé,
  • la Polka russe dansée l’un derrière l’autre,
  • la Polka piquée ajoute au pas initial un pas de Talon & de Plante,
  • la Polka autrichienne en sautant sur chaque temps,
  • la Scottish voisine de la polka mais d'un rythme plus lent,
  • la Polka-Mazurka qui n’a de commun avec la Mazurka que le nom…

Sa reproduction

La Polka française à un rythme en 2/4 sur deux mesures.
Son déplacement dans l’espace se réalise autour de la piste sur la ligne de danse.
 
Son pas se compose d’un pas chassé commençant par la gauche, pour le danseur, suivi d’un autre pas chassé à droite.
La danseuse lui fait face avec un pas symétrique.
 
Ce pas complet est constitué de deux chassés.
Ce pas chassé exécuté sans tour s’appelle : pas élémentaire ou pas de base.
 
Il peut être réalisé en tour vers la  droite puis la gauche.
Pour cela le danseur commence alors face mur & termine son pas chassé face au centre.
Ainsi les quantités de tour lors de chaque temps sont les suivantes :
 
1/8ème de tour entre le « et » & le 2 du premier chassé puis 3/8ème de tour entre la fin du premier chassé & le début du second.
 
L’enchainement des pas dans leur mouvement latéral & dans les tours n’impliquent pas de changement du pas de base.
Cela n’engendre donc aucune difficulté pour son accomplissement.
 
La Polka piquée peut très agréablement se combiner avec la polka française.
C’est une variante de la Polka parfois dansée en Fest-Noz.
Elle est exécutée sur quatre mesures.
 
Le danseur, sur la première mesure, marquera le temps 1 de la mesure avec son talon gauche posé au sol, & avec la pointe du même pied sur le temps 2.
Durant ces deux actions il n’y a pas de transfert du poids du corps.
 
Sur la deuxième mesure il fera un pas chassé commençant par la gauche du temps 1 au temps 2 (1 & 2).
 
Sur la troisième mesure marquera le temps 1 de la mesure avec son talon droit posé au sol, & avec la pointe du même pied sur le temps 2.
Durant ces deux actions il n’y a pas de transfert du poids du corps.
 
Sur la deuxième mesure il fera un pas chassé commençant par la droite du temps 1 au temps 2 (1 & 2).

Ses atouts

Une Polka

  • promise à un bel avenir après quelques années d’un déchaînement d’enthousiasme,
  • au caractère folklorique, remuant & sautant d’origine,
  • aux multiples intérêts (technique, style, figures, histoire, musique)
  • très riche, agréable à danser gagnant à être enseigner
  • relayée à l’arrière-plan des autres danses & rangée dans les danses anciennes mais ressortie des oubliettes par l’essor des groupes folkloriques,
  • dansée systématiquement dans tous les bals folks,
  • restant réellement influente dans les danses de couples, par exemple dans le Quick Step pour ne citer que celle-ci.
        
Remerciements particuliers à Jean-Michel pour cet article

L'ÉNIGME DE LA DANSE

L'ÉNIGME DE LA DANSE


En ce mois de Février 2020 nous vous proposons ce nouvel article relatif à la danse, lequel invite à réfléchir à ses propres aspirations...
Lorsqu’on danse, une double question se pose :
  • l’une relative à l’origine profonde du plaisir de danser...
  • l’autre à la portée de son efficacité dans notre corps, car toute danse induit "une forme de transe"...
 
L’être humain, quelle que soit sa culture & son origine natale, a toujours utilisé le pouvoir de la danse depuis les temps préhistoriques.
Les parois des grottes, les danses de transe, les rituels de guérison chamaniques sont le témoignage d’une fonction thérapeutique de la danse.

Ainsi, notre propre corps enfouit le secret de la danse, au lieu même de notre système nerveux & dans notre cerveau en particulier.
Mais il s’y ajoute tout un héritage (gestes, codes sociaux, savoir-faire, etc…), provenant de notre histoire individuelle, & ce, depuis notre conception.
Notre corps possède la "mémoire" de ce que la danse met en jeu au travers notre histoire strictement personnelle.
On peut supposer que les battements du cœur maternel & du fœtus marquent un état fusion de notre propre rythme intérieur & cela de façon indélébile.

Il en est de même de notre identification construite jusqu’à la rupture progressive de l’état fusionnel entre l’enfant & sa mère.

Cette délivrance vécue génère nos comportements mimétiques.
Les découvertes de l’existence de soi comme de l’autre au travers de multiples jeux & situations d’écho, d’alternance, de répétition, de balancement, d’appel-réponse sont ainsi inscrits dans notre imaginaire.
Ils marquent notre pensée & se retrouvent intégralement dans la danse.
La danse réanime en nous cette aptitude à réveiller un savoir inconscient & un savoir-faire moteur préétablis & implicites issus de notre histoire héritée de générations en générations.

On retrouve la trace de cette opposition entre deux types d’activités que sont les gestes codifiés & la production improvisée dans notre mémoire corporelle.
Le rythme est un facteur privilégié pour les éveiller & les mobiliser.
Il réveille en nous des comportements génétiquement inscrits, comme celle ressentie lorsqu’on regarde de la danse.
D’ailleurs chacun de nous en a fait l’expérience ne serait-ce par le fait d’entendre un son.
Celui-ci, rythmé, met le corps en mouvement par des manifestations comme les tapotements, hochements de la tête, déhanchements, sautillements, & le balancement qui concerne la totalité du corps, synchronisant toutes ses parties, des pieds à la tête.
D’ailleurs, Nietzsche qui voyait dans le balancement l’essence même de la danse a écrit : « Déjà mon pied, ivre de danse, se balançait »

Ainsi, si l’on considère que la danse s’est construite sur une marche balancée, elle-même induite par la pulsation des pieds frappant successivement le sol dans une alternance droite-gauche ou gauche-droite régulière & continue, on peut alors affirmer que cela a donné naissance à un rythme à deux temps, égaux mais non équivalents, un temps fort & un temps faible.

Mais si l’on danse avec ses pieds, on danse aussi avec son cerveau.
En effet, il gère nos sens, nos réponses musculaires, les articule & les met en relation avec le monde extérieur comme d’ailleurs pour nos perceptions immédiates.
Il articule le présent & le passé sans aucune séparation du corps & de l’esprit.

La danse permet à l’homme de s’exprimer dans un langage corporel, à part entière, qui le relie à ses racines mais aussi à ce que nous sommes & ce que nous partageons avec les autres.
Elle sollicite donc un corps avec une multiplicité de facettes où se supporte le psychologique, l’artistique, le religieux, le biologique & le social & notamment sa relation avec l’autre.

La danse facilite la rencontre avec nos émotions, nos sensations. Elle génère l’enthousiasme, le lâcher-prise & l’intensité de l’engagement des deux partenaires qui s’appellent & se répondent.
Leur enlacement rythmique libère naturellement le mouvement favorisé par le plein épanouissement corporel, émotionnel & psychologique de chacun.

Enfin & pour en terminer, la danse, d’une façon générale, produit du plaisir.
Si la danse est considérée comme le plus ancien de tous les arts, elle représente, également, une belle histoire d’amour où l’être humain n’est jamais seul car l’univers, les autres, ses ancêtres, son origine, sa culture, sa propre histoire font partie intégrante de lui & résonnent en lui quand il danse.

Merci à Jean-Michel – Accrodanse-71

FOCUSJANVIER 2020

Couple Balboa

LE BALBOA

LE BALBOA
 
L’année 2019 s’est achevée.
L'année 2020 a commencée avec ce désir de partager avec vous, lectrices & lecteurs, d’autres focus mensuels dédiés à la danse de couple.


En ce mois de janvier 2020, nous vous proposons de faire connaissance avec le Balboa qui fait partie de l’univers du swing.


Sous le vocable Swing les historiens, comme de nombreux auteurs, nous parlent tous d’un indissociable langage entre la musique Jazz & la danse Swing.
Le Swing, du charleston au Rock’n’roll, s’est développé en Amérique du nord, puis en Europe & dans le monde sur fond de révolte & de revendications.
La musique & la danse Swing sont le fruit d’un métissage de deux cultures entre les africains & les européens.
Mais la culture & le génie musical des africains apporteront deux facteurs essentiels des fondements du Jazz : le Rythme & l’Improvisation.

  • Le Rythme détermine la durée des notes les unes par rapport aux autres.
Celui-ci sera enrichi, complexifié par l’esprit musical africain matérialisé par les rythmes syncopés du son & du mouvement représentant les battements du cœur.
  • L’Improvisation, témoignage des libertés individuelles de mouvements & la richesse d’expression des noirs d’Afrique, révèle leur joie de vivre, leur humour malgré l’odieuse situation d’esclavage.

Cette liberté, cette créativité permettront à la musique & à la danse de sortir des conventions & de la codification des européens.
Une grande révolution chorégraphique s’opèrera en 1924 par l’apparition du Charleston, à l’origine de toutes les danses inventées par la suite, dont le Balboa.
Même si certains pensent qu'il vient des danses latines comme la rumba.
L’hypothèse la plus plausible est que le balboa dérive, bel & bien du charleston & du foxtrot,


LE BALBOA


Le balboa est une danse de couple qui se danse généralement en position dite « fermée » avec une connexion au niveau du buste.
Il se danse en 8 temps, le pas de base est constitué de petits pas glissés, mais il existe de nombreuses variations sur ces pas.
C’est une danse de communication & de partage où les sensations ressenties par les danseurs sont proches du Tango.

Le Balboa aurait vu le jour au début des années 20, au sud de la Californie.
Les habitants de la région de Los Angeles ayant vu cette danse la nommèrent Balboa.
Son nom vient donc de l’endroit où il est né, c’est-à-dire à Newport Beach dans la péninsule de Balboa.
Ce lieu était une destination très populaire pour les jeunes, surtout pendant les vacances de Pâques, car ils passaient leurs journées à la plage & leurs soirées à s’éclater sur le Balboa.
À travers les complexes des plages de la côte ouest, le Balboa finit par atteindre  le secteur plus vaste du bassin de Los Angeles.

La France a connu le Balboa par l’intermédiaire des amateurs de Lindy-hop.
Cette danse, très glissée, élégante, est un excellent complément du Lindy-hop.
D’ailleurs, ces deux danses se mixent lors de musiques au tempo rapide.
À la différence du Lindy-hop, dont le Swing est la musique de prédilection, le Balboa peut se pratiquer sur des formes de Jazz comme le Jazz Manouche.


Des danseurs, comme Maxie Dorf, Hal Takier ou encore Dean Collins, contribuèrent à diffuser le Balboa en se produisant en divers endroits & dans certains films des années 30 & 40.


La seconde guerre mondiale mit fin à ces spectacles &, à l’après-guerre, le Balboa failli disparaître.
Cependant d’anciens danseurs passionnés continuèrent à le pratiquer.


Vers les années 80, le Balboa fût redécouvert.


Il a été alors enseigné, développé car il a subi les influences d’autres danses du moment.
En effet, à ses débuts, le balboa se caractérisait par un maintien très droit des deux partenaires, « poitrine contre poitrine », sans jamais s'éloigner l'un de l'autre & en restant en contact permanent.
Il n'y avait ainsi aucune rotation ou tour, ni d’ouverture du couple dansant.
Cela peut s’expliquer car il a débuté dans des salles aux espaces limités avec des règles très strictes interdisant les mouvements ouverts & certains mouvements de jambes, comme les kicks, jugés trop violents.
Les seules variations possibles étaient les changements de direction & quelques variations de pas dont la simplicité & l’économie de mouvements convenaient pour les musiques Swing & de Jazz aux tempos rapides.


Il redevint populaire & connait un essor sans précédent dans les années 1990.


De nombreux danseurs s’exprimaient à des vitesses époustouflantes allant jusqu’à 300 BPM (battements par minute), même s’ils appréciaient également de danser sur des musiques plus lentes.
Ces jeunes danseurs, au tempérament fougueux & fantaisiste ouvrirent la connexion du couple, en réalisant des figures, des variations ouvertes, voire des acrobaties, combinées avec des jeux de jambes faits de feintes & de kicks.

Le Balboa venait de connaître une évolution, bien que le style global soit resté fidèle à l’esprit originel du Balboa.
Depuis, cette forme de Balboa, que l’on retrouve, aujourd’hui dans les bals swing, permet toutes sortes de fantaisies, le principal étant de rester dans le feeling, la base & le style reconnaissables du Balboa, autrement appelé : Pur Balboa.
Ainsi, ces deux formes, fermée &/ou ouverte s’accommodent de leurs différences, tout en étant très appréciées & prisées par de nombreux danseurs. Elles connaissent un essor mondial & continuent leur évolution rythmique & chorégraphique.

Nous voici arrivé au terme de ce focus dédié au Balboa faisant partie de l’univers des danses Swing.

Nous vous donnons rendez-vous pour le prochain Focus de Février 2020.

Remerciements particuliers à Jean-Michel pour la composition de cet article
Couple qui danse le balboa

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